Flocus duplocatus, gravure, expo et poésie urbaine à l’atelier Zaz’art

Non loin de Pey-Berland et du musée d’Aquitaine se niche un lieu pas comme les autres : Zaz’art, un atelier de gravure ouvert depuis novembre dernier, qui programme déjà sa troisième exposition. La prochaine, du 24 mai au 15 juin 2013, présente deux jeunes artistes passionnées de gravure : Marie-Atina Goldet, jeune talent sorti des Beaux-arts de Bordeaux, et Margot Eybert, diplômée des Beaux-arts de Bilbao et directrice du lieu. Lumière sur un univers de poésie urbaine.

Flocus duplicatus

Comme aime souvent vous raconter votre webzine préféré, c’est d’abord une histoire de rencontre. Margot Eybert fait la connaissance, il y a quelques mois, de Marie-Atina Goldet à l’atelier d’artistes de la rue de la Rouselle. Toutes les deux éprises de la technique de gravure, elles décident de présenter une exposition commune pour Manifestampe, fête nationale dédiée à l’estampe*.

Puis l’idée d’un exposition bien à elles émergent. Elles échangent des mots, confrontent leurs univers et, petit à petit, une thématique ressort : le ciel urbain/la ligne d’horizon, la ville entre lignes et nuages.

Les deux artistes s’accordent sur une technique précise, la gravure sur rhénalon à pointe-sèche, : non pas d’une matrice gravée sur pierre ou cuivre mais plastique; et une couleur : le bleu de prusse.

(Pour les néophytes comme moi, je vous ai préparé des petites notes de bas de page expliquant les différentes techniques artistiques évoquées dans ce billet).

Trois séries, un livre

Pour Marie-Atina Goldet, il en ressort deux séries. Cette ancienne lauréate du grand prix de l’institut culturel Bernard Magrez aime flâner, laisser parler l’imaginaire et le voyage dans l’image. D’abord absorbée par le volume et la photo, elle adopte la gravure comme un nouveau rapport à l’œuvre, non plus frontal mais tactile.

Sa première série de cinq pièces gaufrées sur papier aquarelle laisse deviner un horizon de toits arrondis par l’idée de nuage comme accompli d’un seul geste doux. La seconde série, aux sujets aléatoires (entendez dans le bon sens du terme) paraît onirique : des personnages assis sur un toit indonésien (ses origines ne sont jamais bien loin) ou encore des cocottes en papier s’échappant vers l’horizon évoqué par ce bleu de prusse commun à toutes les œuvres.

Margot Eybert a suivi son instinct. D’abord attirée par la photo en noir et blanc, elle s’essaie au dessin, au monotype. En « bidouillant », elle découvre la gravure à l’eau forte* et la lithographie*. Ses expositions à Paris (festival de la cour St Pierre) et dans la région sont rythmées par l’idée qu’elle se fait de la trace, du parcours, du chemin mené et à parcourir. Tant et si bien qu’en 2010, elle présente une empreinte de chaussure longue de 10 mètres sur l’île d’Arcins lors de la manifestation « Temps d’une île ».

Ayant beaucoup habité sous les toits, Margot Eybert raconte ces « mers de toits ». Elle créée pour l’occasion six « couples » : une vue, un ciel, pour l’essentiel des vues de Bordeaux. On s’imagine tout à fait le regard dépassant du velux apercevant au loin la cathédrale St André évoquée par l’artiste. Elle présente également un exemplaire unique d’un livre en carroussel pensé à partir de sa série de gravures.

Zaz’art, le dessin enfin décomplexé

En 2008, Margot Eybert créée l’association Zaza’art. Après son master de pratiques artistiques et actions sociales à Bordeaux III, elle intervient grâce à ses connaissances auprès de publics difficiles (SDF, toxicomanes,…) et approfondit son savoir-faire autour du papier, de l’encre, la reliure. Aujourd’hui dans son lieu rue Porte Basse, elle souhaite décomplexer et mettre les gens à l’aise  avec la pratique du dessin: « Tout le monde peut accéder à la couleur, on ressent tous des choses. Même si on ne sait pas dessiner, on peut aimer une sensation, dessiner au bic plutôt qu’à la plume. ». En plus d’accueillir des expositions, Zaz’art propose surtout des ateliers pour adultes (cours et stages de dessin, reliure, gravure, dessin aquarelle) et pour enfants (initier aux expressions et techniques artistiques).

Envie d’une bouffée d’oxygène en plein cœur de Bordeaux ? Rendez-vous vendredi 24 mai à partir de 18h30 19 rue Porte Basse. Bien sûr, les œuvres sont à acquérir par toutes les bourses !

L’exposition « Flocus duplicatus » s’est tenue du samedi 25 et dimanche 26 mai 2012.

Zaz’art : 19 rue Porte Basse Bordeaux. Tram A ou B, arrêts Musée d’Aquitaine ou Hôtel de Ville

Entrée gratuite.

Mezazart.blogspot.fr –  rf.li1529429961amtoh1529429961@noit1529429961aicos1529429961satra1529429961zaz1529429961 – 06 22 50 29 55

*Estampe : désigne le résultat de l’impression d’une gravure sur bois ou sur métal, ou d’un dessin sur pierre.

*L’eau-forte est un procédé de gravure en creux ou taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’acide.

*Lithographie : technique d’impression à plat qui permet la création et la reproduction à de multiples exemplaires d’un tracé exécuté à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire.

*Monotype : procédé d’impression ne permettant qu’une seule épreuve. Il s’agit de peindre à l‘encretypographique ou à la peinture à l’huile, ou à la gouache, sur un support non poreux comme du verre, du métal ou du plexiglas.

Article précédemment publié sur My Global Bordeaux