WE ACT : art contemporain – action!

Bordeaux – Toulouse : 250 kilomètres et l’éternelle « guéguerre » du sud-ouest. On entend souvent qu’à la ville rose l’atmosphère est chaleureuse, les habitants sont accueillants. Bordeaux marque des points grâce à son architecture, son vignoble mais niveau accueil, les avis sont mitigés. Je fais souvent le trajet pour visiter les expositions des Abattoirs ou de la fondation Ecureuil. Selon moi il y a du bon dans les deux. Je ne m’avance pas trop à dire que la majorité me rejoindrait compte tenu du nombre de toulousains étudiant à Bordeaux et de bordelais partant travailler à Toulouse. Les régions auraient même tendance à se rapprocher : des associations sœurs organisent des événements communs comme l’APACOM et le Club de la Comm’ Midi-Pyrénées pour les Trophées de Comm (les oscars des communicants).

Culturellement parlant (il fallait bien que j’y arrive !), les politiques se différencient nettement sur le papier. Illustration avec l’événement WE ACT organisé par l’association PinkPong.

Du 20 au 24 mars 2014, l’art contemporain était à l’honneur dans la métropole toulousaine. Pas moins de douze lieux dédiés à la création se sont acoquinés pour offrir un moment festif.

Quatre jours festifs

WE ACT – Week-end Art Contemporain : ce sont des performances, des projections, des conférences, des vernissages, des expositions gratuites, des bus pour se rendre dans les institutions en périphérie de Toulouse. Le credo : tout est en accès libre. Sous le signe de la convivialité, PinkPong met en place un dispositif supplémentaire pour attirer le public et rendre l’art attractif. Créée en 2008, l’association réunit les têtes des structures dédiées à l’art (centre d’art, galeries, musées, FRAC, résidences, etc.) de l’agglo toulousaine, met en valeur et donne de la visibilité deux fois par an à ce dynamisme artistique : WEACT au printemps et Grapheine (graphisme et design) à l’automne. Aparté : ne pas confondre avec le festival des arts, anciennement le Printemps de Septembre, devenu un événement automnal perdant lui aussi ses feuilles. Voilà comment créer du lien et envoyer des signaux positifs aux citoyens : l’art est ouvert à tous, CQFD. La création sort de ses murs.

Politiques culturelles : chacun son combat

Au cours d’un échange avec le directeur du Château d’eau et président de l’association PinkPong, Jean-Marc Lacabe, j’ai voulu comprendre (entre deux bulles de bière) quel terreau était nécessaire pour qu’une telle initiative naisse. L’association composée essentiellement de bénévoles est soutenue par la ville Toulouse. Un pourparler est en cours avec l’agglomération naissante « Toulouse métropole » (contrairement à notre CUB expérimentée) avec entre autre, un projet de bus tous les mois pour nous promener d’expos en expos (ouf, nous avons déjà le BAC, le Bus de l’art contemporain. Jean-Marc Lacabe ajoute qu’il n’est pas facile d’exister face aux imposants Abattoirs/FRAC. Heureusement Olivier Michelon, directeur de ce dernier, paraît enclin à la collaboration voire investit dans les projets qualitatifs sortant de lieu modeste. En témoigne l’accueil d’une installation de Yohann Gozard en résidence à la maison Salvan de Labège, (ville proche de Toulouse, 4000 habitants) avec la projection du film « The Swimmer » sur une piscine en qualité d’écran.

On pourrait pousser plus loin les comparaisons : Toulouse n’a presque plus de galeries alors que Bordeaux s’est même doté d’un collectif de galeries (une douzaine), Toulouse accueille deux fondations dédiées à l’art (Ecureuil et EDF) alors que Bordeaux compte un Institut culturel (on se demande si ses objectifs sont artistiques ou de marketing), etc. Pour les acteurs culturels du territoire de France et de Navarre, il est difficile d’exister dans sa propre individualité : lutte des budgets, aléas dû à des changements de municipalité, chasse aux mécènes, choix entre création au public confidentiel ou remplir ses tiroir-caisses grâce à des expositions « cross-over ». La solution par le collectif est une issue qui répond à quelques besoins même si elle passe par la collégialité parfois difficile à gérer. Cependant sur Toulouse et sa périphérie, on se dit que l’union fait la force.

Retenons cette initiative positive et dans l’air du temps. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs mais il existe des gestes significatifs qui peuvent nous inspirer. Je t’engage culturieulecteur à t’y engouffrer !

FRAC : fonds régional d’art contemporain

Résidence artistique : lieu accordé à un artiste pour créer un projet. Les espaces de création sont souvent les premières problématiques que rencontrent les artistes. Des musées, des théâtres, des municipaltés, etc se proposent donc de prêter des lieux à cet effet. La plus connue : la Villa Médicis à Rome

http://www.villamedici.it/fr

Site galerie du château d’eau

http://www.pinkpong.fr/

Maison Salvan

Article précédemment publié sur My Global Bordeaux